Usage du vélo et santé publique : impact sur la COVID-19 et la prévention sanitaire
Comment le vélo quotidien peut protéger la santé publique et limiter l’impact du COVID-19
En tant que préparateur physique spécialisé en endurance, j’ai travaillé avec des sportifs de tous niveaux en appliquant ma méthode d’entraînement fondée sur l’intensité, la variété et la fréquence des stimuli à travers des séances courtes.
Préparateur physique spécialisé en endurance
En tant que cycliste amateur et éducateur physique, je me suis toujours interrogé sur l’incidence de l’utilisation de la bicyclette comme moyen de transport sur le système de santé publique. Chaque fois que je visite des pays comme le Danemark, les Pays-Bas, la Suède ou la Suisse, où le climat semble peu favorable aux déplacements à vélo, j’observe une forte proportion de personnes qui l’utilisent quotidiennement comme mode de transport.
Mobilité active et santé publique : une relation sous-estimée
On associe souvent l’activité physique aux loisirs, et cela est en partie vrai. Le sport ou le mouvement peuvent avoir une dimension ludique et gratuite, simplement pour le plaisir de bouger, mais ils peuvent aussi être fonctionnels et instrumentaux, c’est-à-dire servir à se déplacer ou à accomplir une tâche.
Le muscle fait-il la différence entre celui qui va au gymnase et s’entraîne avec une machine de musculation, et l’agriculteur qui passe la demi-journée à biner ses tomates ? Le système cardiovasculaire distingue-t-il vraiment l’adulte qui fait le tour du stade et l’enfant qui court pour ne pas arriver en retard à l’école ?
Les conséquences du sédentarisme et la prévention par la mobilité douce
Le mouvement est inhérent à l’espèce humaine. Dans de nombreuses sociétés, il est compris avant tout sous son angle fonctionnel (transport ou extraction de ressources), alors que dans les sociétés dites « avancées », il est souvent relégué aux loisirs.
Dans celles où l’on peut se déplacer et consommer sans effort physique, et où le sport n’est pas intégré au quotidien, le sédentarisme entraîne l’apparition de maladies chroniques et la constitution de groupes de population à la santé fragile. Cela génère à terme une charge importante pour le système de santé publique.
Le rôle du vélo comme outil de prévention sanitaire
De manière intuitive, j’ai toujours pensé que les sociétés ayant une activité physique plus élevée – qu’elle soit instrumentale (mobilité douce, transport actif) ou de loisir – jouissent d’une meilleure santé publique. De plus, cette habitude transmise de génération en génération contribue à réduire les coûts de santé et à améliorer la qualité de vie.
La pandémie de COVID-19, qui approche désormais de deux ans, a eu un impact particulièrement fort sur les populations atteintes de maladies chroniques ou présentant une santé fragile. Chaque pays a connu une incidence différente en raison de multiples facteurs : système de santé publique, âge moyen, climat, culture du contact social, infrastructures urbaines, etc.
Corrélation entre l’usage du vélo et la mortalité COVID-19
Par curiosité, j’ai cherché à croiser deux ensembles de données : la proportion de vélos par habitant et l’usage quotidien de la bicyclette dans différents pays, et la mortalité liée au COVID-19 par million d’habitants.
- Pays-Bas : 99 % de la population possède un vélo (2,5 km/personne/jour).
- Danemark : 80 %, 1,6 km/jour.
- Allemagne : 76 %, 0,9 km/jour.
- Suède : 64 %.
- Norvège : 60 %.
- Finlande : 60 %.
- Japon : 50,6 %.
- Suisse : 49 %.
- Belgique : 48 %.
- Chine : 37 %.
Aux États-Unis, seulement 32 % de la population possède une bicyclette. Concernant l’incidence du COVID-19 (source) :
- Pays-Bas/Belgique : 1 247 décès/million.
- Danemark : 644 décès/million.
- Allemagne : 1 416 décès/million.
- Suède : 1 527 décès/million.
- Norvège : 266 décès/million.
- Finlande : 346 décès/million.
- Japon : 149 décès/million.
- Suisse : 1 463 décès/million.
- Chine : 3,43 décès/million (données sujettes à caution).
En Espagne, où la mobilité active et l’usage de la bicyclette comme transport quotidien restent limités, la mortalité atteint 1969 décès/million. D’autres pays européens avec une faible pratique du vélo affichent également des chiffres élevés : Royaume-Uni (2330) et France (1951).
Vers une politique de santé publique proactive
Comme je l’ai mentionné au début, cette corrélation reste empirique et sans valeur scientifique stricte, mais elle suggère l’importance de l’activité physique et du maintien d’habitudes actives à tout âge pour renforcer la santé publique et réduire la vulnérabilité lors de futures pandémies.
Je préfère miser sur la prévention : pédaler autant que possible, que ce soit pour me rendre au travail ou pour m’entraîner, afin de rester actif et contribuer, à mon échelle, à un système de santé plus durable.